Extrait EDN La tentation

Extrait EDN La tentation

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DEVANT


2.

Las Paradizia

(des années plus tard)

 

Assoupi sur son banc, Collins ouvre les yeux. Désorienté, il observe l’habitacle dans lequel il se trouve. Une douleur persiste dans son cou et dans son dos : il passe sa main sur sa nuque pour se soulager. Autour de lui, les gens sont assis calmement, discutant entre eux de tout et de rien.

Une jeune femme, vêtue d’un uniforme classique, pousse un charriot sur lequel sont disposés café et boissons. Elle s’arrête près de lui :

– Puis-je vous servir quelque chose à boire, Monsieur ?

Il regarde sa montre l’air perdu. 19h30. Il a dormi longtemps, beaucoup trop longtemps.

– Monsieur, c’est l’heure du service, voudriez-vous quelque chose à boire ? répète la dame.

– Euh pardon ? dit-il en se grattant la tête. Pourrais-je avoir l’une de vos bouteilles d’eau servies dans un verre s’il vous plait ?

– Bien sûr, tout de suite Monsieur.

Alors que l’hôtesse fouille parmi les consommations, l’homme en redemande :

– Excusez-moi ? Je sais que la question est étrange, mais depuis combien de temps sommes-nous partis ?

Elle le regarde, sourit, comme si par cette simple question elle venait de tout comprendre.

– Trois heures environ, Monsieur. Vous deviez être exténué, puisque je ne vous ai pas vu éveillé du voyage.

– S’il y a quoi que ce soit d’autre que je puisse faire pour vous, vous n’avez qu’à me demander.

Collins sort un mouchoir de sa poche et s’essuie un peu le visage et la nuque, puis s’appuie contre le banc, soucieux.

Buvant son verre d’eau à petites gorgées, il cherche autour de lui les réponses à ses questions.

Il trouve, à côté, une brochure laissée sur une tablette près d’un couple discutant de manière enflammée. Intrigué, il fronce les sourcils et cherche à en lire les détails. Sur la couverture se trouve une plage où deux femmes vêtues d’un monokini s’embrassent à pleine bouche dans un décor tropical.

« Las Paradizia… lorsque vos fantasmes deviennent réalité ».

Affalé dans son banc, Collins se sent rassuré : il est au bon endroit. Il regarde par le hublot et voit le soleil disparaître lentement, reflétant un rouge orangé magnifique sur les nuages blancs immaculés. Malgré le spectacle angélique, il essaie tant bien que mal de se détendre en essayant d’oublier la mission qu’il doit accomplir et les risques possibles. N’en pouvant plus de ses heures interminables à attendre, l’homme assis à ses côtés se retourne pour lui faire la conversation.

– Est-ce votre premier voyage ?

– Euh… répond Collins embêté.

–  Ne vous inquiétez pas, c’est toujours intense la première fois. Puis, on finit par s’y habituer. Prenez-moi par exemple, j’ai été malade comme un chien la première fois. Je passais mon temps entre les toilettes et ma place. Sitôt arrivé que j’éprouvais des étourdissements et des nausées infernales. Je dégobillais partout où j’allais. Mais bon, tout cela n’est que du passé. Il ne faut pas désespérer.

–  Euh ?…

L’air de rien, l’homme bien en chair et à la chemise fleurie avait bien vu. Ayant passé des années à parfaire l’art de demeurer incognito, il venait de se faire déjouer par le premier venu.

–  Ne vous inquiétez pas, chuchota l’homme à son oreille. Vous allez adorer votre voyage. Moi, c’est la troisième fois que je viens ici. Entre vous et moi, ça change des cuisses de ma femme et puis… ça coûte beaucoup moins cher qu’un divorce ! dit-il en lui adressant un clin d’œil.

Rire

–   Ouais, vous avez bien raison ! rétorque Collins mal à l’aise.

Ting

L’indicateur lumineux s’allume soudainement et la voix du pilote se fait entendre.

–   Bonsoir à tous, ici le commandant de l’appareil pour le vol D464. Nous survolons actuellement l’ile de Las Paradizia à une altitude de 10 000 mètres. La température au sol est de vingt-neuf degrés Celsius et le ciel est dégagé. Nous vous demandons de bien attacher votre ceinture de sécurité, car nous allons amorcer notre descente dans quelques instants. Nous vous souhaitons un excellent voyage et vous remercions d’avoir choisi Las Paradizia pour la destination de vos vacances.

Amorçant sa descente, l’appareil tangue vers la gauche ; montrant à travers les hublots l’ile tant attendue. Au sol, des ilots à la végétation tropicale, des plages de sable blanc et une eau turquoise dans laquelle se verse un port où de luxueux yachts y sont accostés. Lui, qui n’a jamais apprécié les voyages en avion, se maintient sur son banc, comptant chaque seconde avant l’atterrissage… 96, 97…98, enfin ! Les roues de l’appareil se posent sur la piste sans difficulté. Collins, les doigts enfoncés dans les appuie-bras, sent son corps se détendre au fur et à mesure que l’avion décélère.

Les passagers applaudissent l’atterrissage réussi du pilote et tous se lèvent les uns après les autres pour prendre leurs bagages et attendre ensuite en ligne que la porte de l’aéronef s’ouvre enfin.

Passé la porte, ils empruntent l’escalier de fer qui les mène directement sur la piste. Désorienté, Collins suit la horde de voyageurs qui se dirige vers l’aéroport avec, comme unique bagage, un sac à l’épaule.

Flamboyante, une limousine est garée devant l’aéroport. Le chauffeur, lunettes fumées et bras croisés est adossé à la voiture et fume une cigarette en scrutant parmi les visiteurs, l’invité attendu. Remarquant à travers la foule celui qu’il cherche, il se redresse, prend une dernière bouffée puis lance son mégot, avant de l’interpeller.

–   Monsieur Edward ? demande celui-ci.

–   Oui… ?

–   Je me présente : Benjamin. Bienvenue à Las Paradizia, monsieur. Jonathan vous attend à l’intérieur.

Il  ouvre la portière puis prend les bagages. L’air confus, Collins demande :

–   Je n’ai pas besoin de passer les douanes ?

–   Pas pour vous, monsieur ! dit le chauffeur en rigolant. Les amis de Jonathan n’ont pas besoin de passer les contrôles, voyons ! L’ile tout entière lui appartient !

La luxueuse voiture dévale les rues et Jonathan, à l’intérieur, est toujours aussi confiant. Il sourit, assis sur la banquette arrière, tel un roi siégeant sur son trône.

–   Collins ? Enfin, je vis ce que j’ai toujours rêvé. En fait, devrais-je dire… je suis heureux de vivre le rêve de tout homme ! Tout m’appartient ici. Que pourrais-je demander de plus ? dit-il à son invité assis en face de lui. J’ai toutes les femmes que je veux, des milliards en banque et le monde à mes pieds. Appelez ça comme vous voulez, mais le dictionnaire doit définir cela dans la catégorie : bonheur absolu. Le monde dira bien ce qu’il a à dire, mais sachez que nous offrons des milliers d’emplois, que nous présentons la meilleure croissance économique depuis 10 ans et le meilleur rendement en placements financiers ! D.N. mon cher, je vous le dis, c’est l’avenir ! Que dire de plus ? Je suis l’avenir, Collins !

À ces mots, Jonathan entrouvre son veston et sort un cigare cubain qu’il sent avec intérêt.

–   Vous fumez, dites-moi ?

–   Non merci, mais je prendrais volontiers de votre champagne, car il me nargue depuis mon arrivée déjà. Il faut bien se garder quelques vices, dit-il en riant.

–   Allez, ma belle ! Tu as entendu ce que le Monsieur a demandé ? Sers-lui un verre ! dit-il à la jeune demoiselle assise à ses côtés, avant d’humecter son cigare.

Devant la situation inconfortable, le journaliste sourit timidement. Il tend son verre de cristal à la belle qui s’exécute en se penchant vers lui.

–   Santé ! dit-il en lui présentant son verre.

–   Santé ! Longue vie à l’Éden !

–   Ha, ha ! oui longue vie à l’Éden, le paradis sur terre !

–   Ce soir, vous savez mon cher Collins ? Ce soir, nous allons fêter comme il se doit chez moi. La ville entière est à moi, mon cher ami et tout ce qui est à moi est à vous. Profitez-en !

La belle sourit et passe sa main dans ses cheveux d’un blond parfait. Jambes croisées, martini à la main, elle regarde son invité comme une louve guettant sa proie. Difficile de ne pas la regarder, tant la sensualité transpire de sa peau.

Timidement, Collins l’observe, ne pouvant empêcher ses yeux de vaciller vers cette déesse incarnée. Désireux de réussir sa mission, il lutte pour se concentrer sur ses objectifs, mais cède toutefois à ses instincts. Son regard se pose sur ses bottes noires à talons aiguilles puis sur ses magnifiques jambes qui n’en finissent plus. Il en salive d’envie.  Elle porte une jolie jupe très ajustée qui dissimule difficilement les courbes de ses hanches. Jamais il n’eut songé qu’une arme aussi redoutable viendrait le menacer à ce point. Hypnotisé, Collins dissimule mal certains de ses tics en se mordant la lèvre inférieure.

Avalant quelques gorgées de champagne, il tente de trouver une quelconque distraction extérieure qui puisse lui faire oublier le moment présent. Il en profite pour défaire le collet de sa chemise. Curieusement, la température de l’habitacle  semble augmenter et il craint que ses intentions deviennent trop révélatrices.  Malheureusement pour lui,  le bruit de la jupe sur le banc de cuir le pousse à l’observer davantage.

De belles lèvres pulpeuses d’un rouge vif dissimulent à peine sa langue joueuse qui s’entremêle à la queue de la cerise de son cocktail. Elle la sort délicatement de sa bouche puis la glisse le long de son menton, de son cou et jusqu’à son buste ferme et généreux. De ses doigts fins, elle agrippe l’anneau de métal attaché à son collier de cuir et le tire légèrement vers lui en poussant un léger soupir. « Quelle agace est-elle », se dit Collins dans sa tête. « Si ce n’était que de moi, j’écarterais ses jambes sur le champ ! »

Collins, le regard fixe, ne boit plus et sa coupe, toujours pleine, lui sert tout au plus de support pour sa lèvre inférieure. Décidément, elle ne pratique pas l’art de la subtilité.

Jonathan dépose son scotch sur la table et de sa main charnue, caresse les cheveux de l’Aphrodite. Ses lèvres masculines empreignent les siennes et sa langue s’y enchevêtre dans un baiser passionné. Sa main robuste se pose sur son coup fragile et plonge progressivement sous sa chemise blanche très échancrée, dévoilant encore plus le galbe de ses seins.

–   Vous aimeriez goûter, mon ami ? lui demande Jonathan.

–   Euh ? répond Collins dans un moment d’hésitation.

La limousine se gare et la fenêtre intérieure séparant l’habitacle en deux s’abaisse. « Sauvé par la cloche », songe-t-il.

–   Nous venons d’arriver à votre demeure, Monsieur. Voulez-vous que j’en informe l’Alliance ?

Jonathan lève les sourcils, apparemment déçu par la durée trop courte du trajet.

–   Oui, merci Benjamin. Ce sera tout pour ce soir, vous pouvez disposer.

Le chauffeur sort de la voiture, replace son veston et se dirige à l’arrière de celle-ci pour en ouvrir la portière. Les talons de la belle se posent sur le tapis rouge. Aidée par le majordome, elle sort, replace quelque peu sa jupe  moulante, susurre quelques mots à l’oreille de Jonathan et part en direction de la maison ; son sac à main scintillant sous le bras.

Collins sort de la voiture et regarde tout autour de lui. Impressionné par l’opulence des lieux, il est stupéfait.

–   Bienvenue à Las Paradizia ! s’exclame Jonathan en passant son bras autour du cou de son invité. Tu sais quel âge a ce scotch que je tiens au fait ? Soixante-quinze ans, soixante-quinze ans ! Incroyable, non ? Il n’en existe que quelques exemplaires dans le monde et moi, moi, j’en déguste tous les soirs ! Pouvez-vous imaginer ? Las Paradizia c’est cela : le paradis sur terre. Tout, vraiment tout ce que vous voulez, vous pouvez l’avoir ici. Tout le meilleur que le monde puisse vous offrir, et ce, sans restriction, sans privation, sans loi ni morale. Un paradis ! Un paradis libre, un paradis qui m’appartient ! Allez, ne soyez pas aussi crispé, mon cher ami. Je ne fantasme pas sur les hommes, voyons ! Je vous taquinais un peu, voilà tout. C’est l’une de mes femmes, elle fait tout ce que je lui demande. Allez ! Faites-moi un sourire et défaites votre collet de chemise un peu plus. Vous ressemblez beaucoup trop à un comptable et ceux-ci m’ennuient. Vous êtes mon invité, rappelez-vous. Ce soir, tout ce qui est à moi est à vous !

Jonathan relève la manche de sa veste et regarde sa montre.

–   Vous m’excuserez, je dois filer, un rendez-vous m’attend. On se reparlera après la fête. Allez-y, faites des folies ! Les femmes sont là pour vous après tout ! s’exclame Jonathan avant de quitter.

–   Elles sont là pour moi ? Que voulez-vous insinuer ?

–   Comme si vous ne saviez pas la vraie raison de votre visite ! Le péché est délicieux, laissez-vous aller et succombez aux tentations. Amusez-vous, enfin, ce n’est qu’un rêve !

–   Au fait, l’Alliance ? Vous ne m’aviez pas parlé d’elle ? Vous savez que je n’aime pas ce genre de surprise, Jonathan. Je vous ai fait confiance en venant ici, je ne veux pas d’emmerdes.

Un rire s’échappe de la bouche de Jonathan qui s’éloigne en marchant.

–   Vous imaginez n’importe quoi, mon cher ami. Ici, c’est Las Paradizia, ne l’oubliez pas. Rien n’est plus merveilleux et sécuritaire qu’ici ! dit-il avant de disparaître dans la pénombre du sentier.

Laissé à lui-même, Collins se tourne vers la limousine et se penche à la fenêtre du conducteur pour lui adresser la parole. L’écoutant à peine, celui-ci démarre sans même remarquer son interlocuteur et disparaît à l’horizon à la vitesse de l’éclair.

 

 

3.

Plus ça change, plus c’est pareil.

 

Le réveille-matin entame sa répétition de cloches infernales qui le sort malgré lui d’un sommeil profond. Patrick ouvre les yeux et, encore endormi, tâtonne la table de chevet dans la pénombre, et finit par arrêter le coupable après quelques essais.

–   6h30 du matin, pas déjà ? se dit-il en se frottant le visage de ses mains.

Sortant du lit, il se traine les pieds jusqu’à la cuisine. Les yeux à peine entrouverts, il trouve, presque à l’aveugle, la porte de l’armoire et l’ouvre.

Il y sort un grand verre puis se tourne vers le frigo pour en agripper le lait qu’il se verse. Comme un travail à la chaine, il agrippe deux tranches de pain qu’il fait rôtir, attendant patiemment la seconde ultime où celles-ci sortiront encore brûlantes pour les tartiner de son inséparable beurre d’arachide.

Tel est le secret de sa préparation : une garniture fondante sur un pain encore chaud et humide. Déposant son chef- d’œuvre dans une petite assiette, il se dirige au salon pour regarder les nouvelles du matin. À la manière d’un zombie, il mange en silence, allume le téléviseur et écoute, d’une oreille à peine attentive, son émission matinale préférée.

Sur le plateau de télévision, les animateurs discutent des nouvelles les plus fraiches. Comme à leur habitude, debout derrière le comptoir, ils blaguent, rient et feuillettent les pages blanches qui leur donnent un air des plus sérieux lorsqu’ils déblatèrent des misères et des joies de l’actualité.

Rire

–   C’est une très bonne question que vous posez là. La prochaine fois, j’essaierai de m’en souvenir et d’y revenir, dit l’animateur à son collègue. Et puis Adams, avez-vous de bonnes nouvelles à propos de l’économie ce matin ?

–   De bonnes nouvelles ? Oui, il y a de bonnes nouvelles, dur à croire en ces temps de vache maigre, mais… notre équipe scrute à la loupe les marchés afin de vous dire où investir et où ne pas investir vos économies.

–   Ce n’est pas évident avec le chômage et toutes ces mises à pied, n’est-ce pas ? À combien sommes-nous malheureusement rendus, Adams ?

–   Vingt-neuf pour cent, et les derniers chiffres parlent encore d’une augmentation récente. Le Dow Jones a encore perdu 1.8%, et c’est le cas pour toutes les bourses du monde qui n’arrivent plus à passer au vert depuis… Mais bref, laissons les mauvaises nouvelles derrière nous, car ça ne va pas mal partout et d’autres entreprises ont même incroyablement le vent dans les voiles. Impossible, direz-vous, mais vrai. Elles ne sont pas nombreuses certes, mais il y en a, je vous l’assure, et l’équipe de télé 7 les déniche pour vous. L’une d’entre elles se nomme Éden ou E.D.N. pour les technophiles, et c’est une entreprise de chez nous. Celle-ci n’arrête pas de surprendre les analystes de trimestre en trimestre, tant par son taux de croissance incroyable que par le retour sur le capital qu’elle offre. Donc, pour les gens qui se demandent encore ce matin où investir leurs sous, entre l’or et les technologies, je vous suggère fortement et même sans y penser ce placement. D’ailleurs, pour tous les finissants du secondaire qui se demandent encore en quoi étudier pour assurer leur avenir, ne vous posez même plus la question et choisissez les technologies ! C’est tout simplement l’avenir !

–   Ah, ah, merci pour ces mots d’encouragement Adams. Vous pouvez prendre la barre de l’émission ? Je vais appeler de ce pas mon courtier !

Rire.

–   Vous devriez ! Vous devriez ! dit-il en prenant une gorgée d’eau.

–   Mais… malheureusement, nous manquerions ce que notre reporter a à nous dire concernant ces récentes et mystérieuses disparitions. Jessica, êtes-vous là ? demande l’animateur à la caméra.

–   Oui Bruno. Je vous entends cinq sur cinq ! dit-elle, parapluie à la main, en replaçant son oreillette.

–   Je me tiens actuellement devant la synagogue Beth Ora de l’Est de la ville où deux membres de cette communauté juive sont portés disparus depuis dimanche dernier. Patricia Cornfeld, âgée de 36 ans, et George Edelman 49 ans n’ont manifestement aucun lien entre eux, mise à part cette petite communauté juive qu’ils fréquentaient et où ils auraient été aperçus pour la dernière fois. Les deux individus, dont vous voyez les photos à l’écran, sont décrits, par leur communauté, comme des personnes solitaires et sans histoire. Les policiers qui sont en train d’analyser les différentes informations effectuent, en ce moment même, une véritable fouille à travers la ville. Aucun suspect n’est, jusqu’ici, dans la mire des policiers qui peinent à expliquer cette double disparition.

–   Quelle affaire incroyable, n’est-ce pas ? répond l’animateur en studio.

–   À qui le dites-vous ! C’est toute cette communauté juive qui est en peine et qui se serre les coudes actuellement. À ce sujet, j’ai réussi à recueillir le témoignage de certains membres, dont le ministre Robert Hauffman, lors de sa sortie de la cérémonie dominicale plus tôt ce matin.

Traversant le stationnement, la journaliste, microphone à la main, se dirige vers la voiture ministérielle qui vient d’arriver pour cueillir l’homme.

–   Monsieur le ministre, monsieur le ministre, un instant ! Qu’avez-vous à dire concernant les disparitions mystérieuses survenues dans votre communauté ? demande Jessica.

–   Un mot à dire ? Eh bien, nous sommes profondément attristés. Pour le moment, nous laissons les policiers faire leur travail. J’offre mes plus sincères pensées aux familles.

–   Les connaissiez-vous personnellement ?

–   Ce sont des personnes qui fréquentaient notre communauté; des gens bien appréciés. J’ai pleinement confiance au travail des policiers. Nous les retrouverons. Je vous remercie, c’est tout ce que j’ai à dire.

–   C’était Jessica Lloyd pour télé 7.

–   Merci Jessica, pour ce beau reportage ! dit le chroniqueur en se dirigeant vers l’autre bout de comptoir où siègent les commentateurs sportifs.  Et puis, Mike,  ce fut toute une soirée pour les amateurs de hockey hier soir ?

–   Effectivement Bruno ! C’était toute une soirée pour les amateurs de ce sport sur glace !

À ces mots, Patrick regarde par-dessus son épaule; l’horloge au mur lui dicte qu’il est l’heure de se préparer.

–   Plus ça change, plus c’est pareil ! dit-il découragé avant d’éteindre le téléviseur.

Laissant son assiette remplie de graines sur la table du salon et son verre de lait presque vide, il quitte les lieux en direction de sa chambre à coucher en sautant par-dessus le dosseret du canapé.

Ouvrant sa garde-robe, il scrute rapidement ce qu’il pourrait bien porter pour cette autre journée. Des cintres vides, tout au plus, un foulard, une ceinture et une chemise. Ne trouvant rien qui lui aille, celui-ci se tourne vers la pile de linge amassé dans le coin de la pièce. Il ramasse une paire de jeans qu’il enfile aussitôt en sautant à pieds joints, et un t-shirt blanc qu’il prend soin de valider préalablement en le reniflant.

Décontractée et sans casse-tête, telle est sa vie. À quoi bon faire le ménage quand il y a cent mille choses plus amusantes à faire ? répète-t-il fièrement à qui veut l’entendre.

Se dirigeant vers la salle de bain, il replace sa coiffe et confirme qu’il est toujours beau jeune homme en croisant son regard dans la glace. Agrippant sa brosse à dents, il se dépêche à chasser la mauvaise haleine du matin tout en mettant les bas qu’il vient de trouver à la traine quelque part entre le bain et la malle à linge.

Ses livres, son portable et une collation ; il referme son sac et se dirige vers la sortie avant de regarder son horaire du jour aimanté au réfrigérateur. « Cours de philosophie, tiens, tiens. J’espère que les filles seront jolies, sinon ce sera extrêmement endormant !», songe-t-il en lui-même.

Lançant son sac en bandoulière par-dessus son épaule, il sort et ferme la porte à clef. Comme la plupart des étudiants venus d’ailleurs et moins fortunés, celui-ci a trouvé un appartement bon marché directement sur le site de l’université. Heureux de son choix, il peut facilement se faire de nouveaux amis, faire la fête au bar du campus et ainsi songer encore moins à faire les corvées de ménage et de lavage.

Descendant les marches d’escalier, Patrick suit, comme plusieurs étudiants, le sentier piétonnier qui les mène tous les jours au collège.

 

 

4.

St-Valentin

 

Après s’être fait coulé un bain chaud, Bradley a mis des chandelles sur la table et a éparpillé des pétales de roses bon marché sur le plancher. C’est sa façon bien à lui d’être romantique en ce 14 février.

Attendant patiemment, Brigitte est nue et allongée dans la baignoire. La tête dépassant à peine de la mousse, elle écoute la musique Jazz qui joue en sourdine à la radio quand soudain, l’homme apparait dans le cadre de la porte. La ceinture de sa robe de chambre détachée, il est là, regard de bête, dévoilant son torse velu et sa bedaine, vestige des dernières années de service.

« Ah, il n’est pas parfait, mais au moins, il fait des efforts. », se dit-elle avant d’esquiver un sourire. Elle a compris depuis fort longtemps qu’elle faisait partie de l’un de ces ménages à trois : elle, lui et son métier.  Comprendre est un bien grand mot, subir en est un autre, mais malgré les cicatrices du passé, elle essaie tant bien que mal de les panser.

–   Champagne, Madame ? dit-il sur un ton sensuel en lui montrant la bouteille et les coupes dissimulées derrière son dos.

Une bouteille bon marché, probablement achetée chez l’épicier du coin faute de temps. Il verse une première coupe puis la lui tend avant de déposer le reste sur le rebord de la baignoire. D’un geste plus humoristique qu’érotisant, il enlève délicatement sa robe de chambre en la laissant tomber par terre. Elle ne peut se contenir à la vue de cette scène théâtrale : elle éclate de rire.

–   Bradley, vous êtes toujours aussi drôle après toutes ces années.

Fier comme un gamin, il bombe le torse, sourit puis entre dans le bain en lui demandant de s’étendre contre son corps.

Il savait qu’elle avait besoin d’être cajolée, caressée, de se sentir aimée et désirée. La femme est un bijou qui finit par ternir si l’on ne l’astique pas suffisamment, disait son vieux père du haut de ses quatre-vingt-trois ans. Prends-en soin et tu verras toutes les merveilles du monde à travers ses yeux. Néglige-la et elle te pourrira la vie.

Tentant de corriger le passé, il essaie d’appliquer ces sages conseils. Après tout, ce vieil homme avait bien des rides de plus que lui. Alors, lorsque le temps semble maussade, Bradley s’efforce de démontrer son amour à sa manière.

À travers les bulles, leurs corps sont allongés l’un contre l’autre. Il en profite et se penche à son oreille pour lui murmurer les plus beaux mots de son dictionnaire :

« Je t’aime ma douce », lui susurre-t-il avant de réchauffer sa peau froide et lisse d’un peu d’eau chaude avec sa main.

Après tout, n’y a-t-il pas meilleure preuve d’amour que celle de prendre soin de l’autre au quotidien ?

Perdus dans leurs pensées et bercés par les mélodies, ils ferment les yeux lentement, laissant leurs muscles se détendre doucement par la chaleur et l’humidité. Puis, déposé sur la table, l’objet, la machine infernale se met à vibrer une fois de plus, une fois de trop.

Ses yeux tournant dans leurs globes oculaires, elle soupire, puis d’une voix déçue lui dit :

–   Encore le travail ou ta mère, je suppose ? … Bradley, pourquoi n’as-tu pas fermé ton fichu téléphone comme je te l’ai demandé ? Tout était enfin parfait, mon chéri ! Nous n’y arriverons jamais, Dave, c’est impossible !

Elle parle, parle, mais parle seule. Bradley est déjà sorti du bain, séchant son corps poilu rapidement et attachant une serviette autour de sa taille avant de se diriger à la cuisine.

–   Il se peut que ce soit urgent, chérie ! Ça fait partie de mon travail, je ne peux pas le fermer comme ça. On s’en est déjà parlé, tu ne t’en souviens pas ? dit-il en cherchant le combiné.

Des heures de discussions stériles à parler de travail et de famille où tous les deux se comprennent tout en ne se comprenant pas. Des heures à parler de ses devoirs d’officier et de remords qu’il n’oserait jamais s’avouer.

–   Oui allo ? dit-il d’un ton essoufflé, dégoulinant goutte à goutte sur les carreaux du plancher.

–   Bradley ? C’est Harris… désolé de te déranger si tard, je sais que tu avais quelque chose de prévu ce soir, mais…

–   Hum, hum, dit-il une main sur le cornet et la tête tournée pour se cacher de sa femme.

–   Non, ça va ! Dis-moi ce qu’il y a…

–   Eh bien, disons qu’on vient de découvrir quelque chose par ici et …

–   Et quoi ? Cesse de me faire languir, qu’est-ce que vous avez trouvé ?

–   J’aimerais mieux que tu viennes voir, ce n’est pas le genre de chose dont j’aime parler au téléphone et d’ailleurs, je ne saurais décrire ce que je vois.

–   D’accord. Laisse-moi le temps d’arriver. À quel endroit es-tu ?

–   Rue Old Brewery, entre Tomas et Sainte-Catherine, dans l’immeuble en construction, tu te rappelles ?

–   L’immeuble Sky ?

–   Oui exactement !

–   D’accord. Attends-moi vingt minutes et j’y suis !

–   Parfait, on t’attend !

Dave pose le téléphone sur la table, réfléchissant à ce qu’il allait bien donner comme excuse à sa femme cette fois-ci. Le crime venait d’appeler, la justice appelait son chevalier. Il devait être là. Après une grande inspiration, il plonge et se dirige vers la salle de bain. Sa femme, se tenant déjà debout derrière lui, porte sa serviette enroulée autour de son corps.

–   Tu… tu es déjà sortie ?

–   Dave Bradley ! Cesse de jouer les idiots. Je sais très bien ce que tu vas me dire.

–   Je dois y aller, quelque chose de très grave vient de se passer et…

–   C’est toujours grave avec toi chéri. Mais dis-moi ? Qui suis-je pour toi ?

–   Je n’ai pas le choix Brigitte, tu sais que je t’aime…

–   Je sais Dave ! Je sais tout ça…

–   Et ? …

–   Vas-y ! Que veux-tu que je te dise ? On se reprendra comme à l’habitude !

–   Mais …

–   Vas-y, je te dis. Je vais regarder la télé. Je suis exténuée de toute façon. Fais seulement attention à toi et… fais-moi la promesse de tout me raconter !

Sourire

–   Promis chérie, promis…

Bradley sourit, s’avance, puis lui embrasse le front, avant de lui dire merci et de disparaître, en un éclair, dans la chambre à coucher. Rapidement, il s’habille, prend son badge, son arme et ses clefs. Fièrement, il sort de la chambre, serre sa femme dans ses bras et quitte en direction du garage tout en sautillant pour revêtir ses bas et attacher son pantalon.

 

DERRIERE

sebastien_barilExtrait EDN La tentation

Comments 45

  1. Janick Baril

    maman était prête à aller travailler (manteau sur le dos, souliers dans les pieds..) elle s’en allait sortir, elle regarde l’heure « ok j’ai le temps pour une dernière page » elle retourne à la table et ouvre le livre! Elle est définitivement accroe à ton livre ahahah:))

  2. Olivier Gauthier

    Félicitations Sébastien !

    Tes différents projets m’ont toujours inspiré et impressionné. Ton projet d’écriture ne fait pas exception.

    J’ai dévoré E.D.N. en seulement quelques jours. Plus ma lecture avançait, plus j’en voulais. Le texte est bien détaillé , ce qui permet de se sentir réellement présent dans le « rêve ». Tout se tient bien dans cette science-fiction ! Et la finale…. excellente et inattendu.

    Bien hâte de lire le 2eme…

    Olivier

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  3. Éric Baril

    Ouain ben toutes mes félicitations les plus sincères pour ton livre. J’étais effectivement loin de me douter de la fin. Pour un gars qui lit peu de livres… Je ne suis pas gêné de dire que j’ai adoré. Je te souhaite que le succès présent puisse grandir à sa juste grandeur.

  4. Paul Boulet

    J’ai trouve votre roman tres bon, je lis enormement de polars et votre roman m’a tenu en haleine jusqu’a la fin. En attente de votre deuxieme, Vous avez fait creer une tres bonne et interessante histoire.

    Je suis content qu’Eric avait des livres avec lui au bureau, je sais qu’au moins 2 de nous avons achete votre roman. Chapeau, goodjob…. well done

    Paul

  5. Paul Boulet

    Je suis très avide de ce genre de romans car je lis énormément. J’ai bien aimé le livre que j’ai lu en 3 jours; ce qui veut dire qu’il est exceptionnel. Excellent travail, je ne me suis jamais douté de la fin, excellent premier ouvrage, j’attends le prochain. Mes félicitations.

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  6. France Hébert

    Il est vraiment excellent ton roman EDN La tentation… Intrigue très bien ficelée… J’attend la suite avec impatience 🙂 France

  7. Peter Guiset

    Salut Sébastien ! C’est Peter. 🙂 J’ai terminé ton livre et je dois dire que j’ai fort aimé ça ! Une fin surprenante en effet et j’ai hâte de lire la suite. 🙂 Félicitations encore, Cheers, Peter.

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  8. Mélanie Morin

    Maintenant que j’ai terminé ma lecture, je dois remercier mon ami, Sebastien Baril, qui nous a offert un récit ingénieusement fragmenté et agrémenté de son imagination dérangeante mais enivrante, E.D.N. La tentation. Je me suis fait piéger par le suspense dont l’addiction s’installe progressivement et hypocritement jusqu’à nous faire plonger dans une lecture stoïquement obsédante! Bravo Seb! J’attends la suite!!!!

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  9. Genevieve Doucet

    Wow!!! J’ai terminé la lecture et c’est pas pour être téteuse mais bien honnête que je dis que ton premier roman est VARIMENT bon!!! Pas capable de le lacher une fois l’intrigue partie….et ça fait changement des histoires d’intrigues….. On se questionne sur ce que l’avenir pourra surement nous amener! Geneviève

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  10. Sonia-Basile Martel

    Je viens tout juste de terminer mon roman… et jai TRES hate a la suite! Bravo !!!! et merci, mikwetc !

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  11. Nathalie

    j`ai mangé ton livre…ah ah..ton entrevue étais intéressante..Je veux ton deuxième dédicacé comme le premier.., J ai hâte en pas pour rire,,, Nathalie.

  12. Geneviève Gingras

    « Le monde euphorique du rêve frôlant une réalité fracassante, où l’on se demande comment l’auteur a bien pu imaginer tout cela. Un monde bien à lui, où l’on voudrait tous y vivre ne serait-ce que quelques secondes. Une histoire où se trame une enquête de meurtre et d’amour, où le suspense règne. Une écriture scénaristique propre à l’auteur, nous permettant de voir et de vivre en temps présent l’action. Du jamais vu ! »

  13. Nicolas

    Ce livre m’a redonné le goût de lire !!
    Ayant perdu le plaisir de lire il y a déjà quelques années, je dois dire que E.D.N m’a captivé du début jusqu’à la fin. Les intrigues et les personnages sont soigneusement détaillés et cela nous permet de se transporter dans un monde rempli de suspense. La façon avec laquelle l’auteur mélange la fiction avec des réalités d’aujourd’hui nous aide à visualiser et sentir l’intensité des scènes. A un certain moment, on veut rejoindre ce paradis de luxe et de tentations….mais c’est à vous de vous faire votre propre idée !
    Merci E.D.N !!
    Bravo Sébastien

  14. Stéphanie Lebel

    Je n’ai pas eu le temps de t’écrire quand j’ai terminé la lecture de ton livre, mais je l’ai aimé… j’ai trouvé l’intrigue fascinante !!! sincèrement¸ bravo Sébastien!!!!!!!!!

  15. Geneviève Tellier

    J’ai fini de lire ton livre et je dois avouer que je l’ai trouver fascinant!!! Je n’ai pas vu la fin venir et j’ai adorer la façon que tu avais de nous promener d’un personnage à un autre sans qu’on puisse comprendre pourquoi. Quand le second tome sortira, garde moi s’en un s’il te plait !!! J’ai tellement hâte de pouvoir lire la suite!!!

  16. Mélanie Germain

    Y sort quand le 2e ??? J’AI ADORÉ !!! Ça ne se lit pas, ça se dévore… j’avais de la difficulté à faire autre chose (manger, dormir, travailler…)
    Merci de continuer à écrire pour les lecteurs comme moi !! Mélanie.

  17. Marie-Pier

    Dire que pendant deux jours j’étais à côté de ton kiosque au Salon International du Livre de Québec et je ne savais pas quel était ton livre… Shame on me.

    Je vais m’assurer de le lire, ça semble être très intéressant 🙂

  18. Louise Laliberté

    Le hasard a fait que je me suis arrêté à ton kiosque lors du dernier Salon du livre de Trois-Rivières.
    Je me réjouis d’avoir acheté ton livre. Captivant, surprenant; j’ai adoré!
    Bravo Sébastien et au plaisir de te lire à nouveau!

  19. Genevieve Beaudoin

    Allo Seb, j’ai lu la dernière page de ton livre aujourd’hui… wow… troublant. J’ai vécu toutes sortes de choses, toutes sortes d’émotions m’ont habité pendant cette lecture. Ta façon d’écrire nous plonge dans un univers où il est facile d’imaginer. Un univers complètement fascinant. Moi, qui adore lire et découvrir de nouveaux auteurs. J’ai lu ton livre de façon complètement objective et ton écriture correspond avec exactitude à tout ce que j’aime pour considérer quelqu’un comme un auteur. Tu n’es pas seulement quelqu’un qui a écrit un livre, pour moi tu mérites amplement le titre d’auteur. Je serai assurément une de tes lectrices et je suis impatiente de plonger dans le deuxième. Merci de nous donner accès à ton inspiration , à ton monde. Wow Seb, vraiment , un auteur et un livre à découvrir. J’ai voyagé au travers EDN comme il y avait longtemps que je n’avais pas voyagé. Merci et bravo X 1000 en fait. Les mots me manquent. XX

  20. Karine Baril

    Ça a pris des semaines avant que je trouve le temps de lire ton premier roman.. Sébas, WOW! J’ai tellement hâte de lire le deuxième! Je suis fière d’avoir un auteur de talent dans ma famille. XXX

  21. Nancy Desrochers

    Juste un petit mot pour te dire que j’ai terminé la lecture de ton roman et que j’ai adoré. Je n’ai pas l’habitude de lire des thriller mais celui ci m’a véritablement plu. Et la fin m’a littéralement surprise…. Nancy

  22. Michael

    Bonjour Sébastien,

    J’avais bien hâte de lire ton roman! À quand la suite? Sérieusement, je l’ai dévoré en 3 jours. J’ai adoré le suspense, le coté monde virtuel de l’E.D.N. et la façon s’est écrit. Le fait de diviser cela en 46 chapitres facilite aussi la lecture. Encore une fois, c’est génial ton roman, je lis énormément de livre dans un année et je donne assurément un 9 sur 10 au tient. Ta façon de traiter de science-fiction de manière si accessible à tous démontre un talent certain pour l’écriture.

    Michael

  23. Sylvie

    Bonjour Sebastien

    Nous nous sommes rencontré au salon du livre à Sherbrooke … ceci étant dit, j’ai beaucoup apprécié la lecture de ton livre qui nous laisse dans l’intrigue jusqu’à la fin..et qu’elle fin!!

    j’ai hâté de lire le prochain !

    Merci bonne continuité a toi.

    sylvie

  24. Nicolas Lafontaine

    salut seb! je suis pas un grand lecteur de livre mes jai lu ton livre en deux jour! je l’ai completement dévoré.Je tiens à te félicité pour ton excellent livre et jai déjà hâte de voir les prochains. Merci seb et à la prochaine.

    Nicolas L.

  25. Jacques Forest

    Bonjour Seb., Je viens seulement de terminer ton roman même si je me le suis procurer au salon de Québec l’an dernier. Comme le titre avais accrocher mon regard lors du salon car EDN à priori signifiait pour moi Étang du Nord aux Îles de la Madeleine. Nous avions discuter de ton roman et des Îles pendant quelques minutes…
    J’ai bien aimer Dave Bradley et ta façon de soutenir l’intrigue policière avec cet inspecteur. J’aime beaucoup ton style d’écriture. Bravo ! et au plaisir de te lire dans un autre Thriller !
    Jacques

  26. Lucie Miville

    J ai achete EDN au salon du livre de quebec, j ai adoré ma lecture. Maintenant j attends avec impatience le prochain.

    Lucie

  27. Nancy DesRochers

    Juste un petit mot pour te dire que j’ai terminé la lecture de ton roman et que j’ai adoré. Je n’ai pas l’habitude de lire des thriller mais celui ci m’a véritablement plu. Et la fin m’a littéralement surprise….

  28. Amélie

    On fait de belle rencontre au Salon du livre de la PA! Tu avais raison Sebastien Baril Auteur…. J’suis déjà absorbé par l’histoire !

  29. Kathie Berthelot

    A-YO-YE!!!!!!

    Sébastien, je viens de terminer ton livre : HOT!!!!! Quelle imagination débridée et pétillante tu possèdes! Ça m’a presque brisé le coeur à chaque fois que je devais déposer le livre pour « vivre ma vraie vie » hihihi! M’être écoutée, je serais passée au travers dans un même jet! Tu as du génie et un talent remarquable pour garder le récit captivant! Wow!!!!! Merci de m’avoir incitée au Salon du livre de Rimouski de devenir une de tes lectrices hihihi

    Dis : pour quand la suite? Trrrrrrès hâte!

  30. RaphaAëlle Lewuis

    Chose promise ….. lecture d’E.D.N fait de la page 1 ou Sebastien Baril Auteur ma écrit l’an dernier au salon du livre de Rimouski « les rêves sont la vie » a la page 432 ou je constate a ses remerciement que mon rêve de 2 jours lui a pris plus de 2000h a peaufiner…. l’Eden (E.D.N) mes amis , je vous conseil ce thriller de science fiction …. je ne suis pas une admiratrice de science fiction a la base , ce qui ma fait attendre un an avant d’ouvrir le roman par contre il est tellement bien écrit que y ai été captivée du début a la fin …. vraiment hâte de découvrir le prochain tome … Meyranie Lapointe arrête de nieser pis GO on a manquer quelque chose hahahhaha

  31. Suzanne Béliveau

    Bonjour Monsieur Baril,
    Est-ce que la suite de votre livre sera sorti pour le Salon du livre de Montréal en novembre 2016?
    J’ai bien aimé le premier le numéro La tentation.
    Merci

  32. Denise Durand

    Bonjour,
    j’ai acheté le tome 1 de votre roman E.D.N LA TENTATION au salon du livre au Saguenay. J’ai adoré ce roman. Bravo pour le mélange de roman policier et de la technologie informatique. Le principe de codage du cerveau et de celui d’un ordinateur est vraiment très intelligent. J’ai déjà hâte à la suite. J’espère que la suite sera aussi captivante que votre premier roman. Merci beaucoup pour les quelques heures de plaisir à dévorer votre premier roman. Bravo pour votre imagination. J’espère que le tome 2 sortira pour Noël 2016.

  33. Sandrine Châteauneuf

    Wow! Je ne possède pas d’autre mot pour décrire votre roman. J’ai été absorbée de la première à la dernière ligne. Très captivant, j’ai rarement été enveloppée dans l’ambiance d’un roman de la sorte. Wow, mille félicitation EDN est un excellent livre!

  34. RaphaAelle St-Luwis

    Vendredi soir au salon du livre je t’avais promis de lire EDN d’ici ce soir , et bien c’est fait et merci de m’avoir relancer hahaahha très très bon , je te dirais que depuis un accident d’auto que j’ai eu ya 2 ans j’avais pas mal troquer les livre par des séries tv et j’ai repris gout a la lecture avec ce merveilleux roman … j’ai beaucoup aimer le parcourt entre le rêve et la réalité et l’impossible qui devient possible avec la technologie qui évolue de jour en jour … hâte de découvrir le tome 2 …. bon retour chez toi !!!

  35. Sonia Francis

    Allo, j’ai acheté ton livre lors du dernier salon du livre de quebec et je l’ai dévoré. Je me demandais si une suite était prévue?
    Au plaisir de te lire de nouveau

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